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Rendez-vous technologique '98 de la CCRSF par Daniel Allard |
Plusieurs cris d'alarme soulevant le même
défi se sont fait entendre, toute la journée du Cette initiative de la Chambre de commerce régionale de Sainte-Foy (CCRSF) a une fois de plus fait ressortir l'importance du déséquilibre créé, d'une part, par les succès du développement de la "Technorégion" et, d'autre part, par les difficultés à alimenter en main-d'oeuvre qualifiée les entreprises à croissance rapide. L'allocution de clôture du recteur de l'Université Laval, François Tavenas, rassurait peu. Son appel à tous pour le supporter dans la croisade qu'il mène, comme l'ensemble du milieu universitaire du Québec, afin d'endiguer les coupures dans le financement des universités, montre que l'actuelle crise des ressources hypothèque dangeureusement les efforts du monde de la formation pour optimiser la création. Plusieurs entreprises technologiques de la région de Québec doivent déjà largement se résoudre à généraliser le recrutement à l'étranger pour combler des centaines d'emplois disponibles.
S.O.S. BIO-DÉVELOPPEURS! Claude Vezeau, président de Biochem Vaccins, explique depuis son arrivée dans la région que l'entreprise qu'il dirige dans le PTQM vit déjà une pénurie particulière en matière de ce qu'il appelle des bio-développeurs: "Des gens capables de prendre une innovation bio-technologique et de la mener jusqu'à la phase de la commercialisation, en d'autres mots des développeurs de produits". EXFO, pour sa part, cherche pas moins de 200 personnes afin de combler entre autres les besoins de sa nouvelle filiale EXFO TELECOM. Il y a aussi Les Laboratoires AEterna, qui confirment une annonce importante d'ici quelques mois, probablement la construction de son nouveau siège social dans la région de Québec. Parmis les conférenciers-vedettes, le président Éric Dupont souhaite toujours maximiser sa propre croissance au bénéfice de la région de Québec, dont il aime vanter les mérites. Selon le président de Sofinov, Denis Dionne: "Le succès des entreprises technologiques repose sur l'union de trois clés: innovation technologique, accès au capital, qualité des ressources humaines". Ce qui pointe à l'horizon, en ce qui concerne la troisième clé, fait naître un formidable défi. "Nous prévoyons que d'ici l'an 2005, le Québec créera une masse critique de 200 nouvelles entreprises technologiques. Avec une moyenne de 50 emplois par entreprise, on parle de la création de 10 000 emplois. Dans l'état actuel des choses, nos universités offriront durant cette période seulement 5 à 6 000 finissants dans les domaines technologiques pertinents. Et il faut aussi impliquer les facultés d'administration, pour former des gens - trop rare encore au Québec - capables de s'intégrer dans ce type d'entreprises", ajoute-t-il.
L'événement a aussi permis aux entrepreneurs technologiques de la région d'entendre d'enrichissants témoignages en matière de commerce international. Claude Lemay, chef de la direction d'Alis Technologies, a partagé sa vision sur Les nouveaux défis de l'exportation. Parlant lui-même une dizaine de langues, l'avocat qui mène son entreprise dans maintenant 50 pays du monde n'a rien contre l'anglais, "la langue du commerce international"! Mais chez Alis "...ils y a 28 langues vivantes et notre politique est de parler la langue de nos clients". Au coeur du marché de la traduction humaine, qu'il évalue à 30MM$ (chaque % de ce marché vaut 300 millions $ de chiffre d'affaires, fait-il remarquer), sa vision du succès à l'international passe obligatoirement par une stratégie de partenaires, qu'il faut bien choisir. Montrant comment il ne faut pas hésiter à les pourchasser agressivement, voire même avec audace, il a raconté ses propres exemples d'établissement de partenariats avec des géants comme XEROX et le Los Angeles Times. En concluant sur l'importance que va prendre le commerce électronique, il a donné l'exemple de la compagnire DELL, qui réalise 5M$ de ventes par jour dans le secteur, avec un taux de croissance de 10% par mois! Conférencier suivant, le président de TechnoCap, Richard Prytula, a tenu à mettre en garde les participants devant une contradiction en émergence dans le marché mondial de la technologie: Net law vs Moore's law. Cet enjeux oppose de plus en plus la valeur de l'augmentation fulgurante de la vitesse, par rapport à la durée de vie commerciale des innovations technologiques. "Actuellement, l'infrastructure d'Internet change chaque trois mois, pendant que des géants comme INTEL savent déjà tout ce qu'ils vont mettre sur le marché 18 mois à l'avance" a-t-il lancé, pour la réflexion. Dans l'atelier de l'après-midi portant sur les clés du succès en exportation, le pdg de la SPEQM, Pierre Boulanger, a d'abord fait le point. Sur les quelque 3 000 entreprises au niveau régional avec un potentiel à l'exportation, 471 entreprises (16%) exportaient, selon les statistiques de 1995. L'objectif des gouvernements pour l'an 2 000, de 2 000 nouvelles entreprises exportatrices au Québec et de 5 000 dans l'ensemble du Canada, représente une cible de 140 nouvelles entreprises exportatrices pour la région de Québec/Chaudière-Appalaches. Christian Audet, directeur régional de Développement économique Canada, (anciennement le BFDRQ) et porte d'entrée régionale du réseau fédéral d'Équipe Canada a ensuite rappelé l'importance d'inscrire son entreprise au répertoire WIN EXPORT. Une des "bibles" des agents commerciaux canadiens, lorsque ceux-ci se préparent pour supporter une entreprise: "Ne vous surprenez pas d'un accueil froid, dans le réseau des ambassades, si votre entreprise n'est pas inscrite à WIN EXPORT et que vous faites appel à un agent commercial en poste pour vous appuyer".
Le vice-président commercialisation du Groupe Informission, Luc Filiatreault, avait pour sa part quatre trucs à partager. L'entreprise exporte 35% de son chiffre d'affaires (7M$ sur 20M$):
Étienne Gagnon, d'EXFO (qui signifie d'ailleurs EXpert en Fibres Optiques), a souligné l'importance de la vision de l'entreprise. "Les fondateurs ont, depuis le tout début, l'objectif de devenir les leaders mondiaux dans notre domaine et cette culture d'entreprise est très importante pour faire face à la concurrence internationale." | |||