Nouvelle ville de Québec, nouvelle approche
Le maire Jean-Paul L’Allier tend la main en proposant un Commissariat général aux relations internationales

par Daniel Allard

 

C’est la tribune de la Société des relations internationales de Québec (SORIQ), que le maire de Québec, Jean-Paul L’Allier, avait choisie pour faire connaître sa vision du futur des relations internationales pour la nouvelle ville qu’il dirige depuis le 1er janvier 2002. Une vision qui annonce beaucoup de changement et - s’il n’en tient qu’à lui - du changement vite!

« Dans mon esprit, nous avons 6-7 mois pour changer des choses », a-t-il soutenu dans un salon Place d’Armes du Château Frontenac rempli à pleine capacité pour ce déjeuner-conférence du 24 janvier 2002. Quelques mois donc, parce qu’après les habitudes s’enracinent, pour changer les manières et faire quoi au juste?

Avant de proposer des moyens d’actions, le premier élu de Québec a pris soin d’expliquer ses raisons pour agir. Devant un auditoire évidemment conquis d’avance à l’importance des relations internationales, le discours de Jean-Paul L’Allier avait incidemment toute la profondeur nécessaire: « Vous me donnez ici l’occasion de présenter une perspective que l’on peut dégager pour l’utilisation - je dis bien l’utilisation - des relations internationales pour le développement intégral de notre communauté », a-t-il lancé dès ses premiers mots.

Il a dit qu’il parlait d’actions et non pas d’opportunités. « L’objectif des relations internationales, c’est de servir la communauté », croit-il. Dans ce contexte, il s’agit pour un maire d’élaborer un cadre d’action.

« L’objectif des relations internationales,
c’est de servir la communauté. »

Comment atteindre l’objectif d’une action mieux orientée? « C’est essentiellement en reconnaissant le rôle que nous avons, celui d’une ville. Et le rôle d’une ville, ce n’est pas un ministère des Relations internationales ou des Affaires étrangères. Le rôle d’une ville, c’est d’être à la disposition de sa communauté. »

Soutenant qu’une ville ne peut pas avoir de « Politique internationale », le maire ne s’est pas empêché d’imprégner à son discours des orientations qui n’en sont pas loin : « Qu’on développe des relations avec l’Asie, qu’on développe des relations avec l’Europe, moi je veux bien - et il faut le faire - mais dans la zone qui nous intéresse, les États de l’Est [des États-Unis], il faut changer ce qui colle encore trop à l’image de Québec: « The best keep secret on Earth ».

ALBANY, C’EST FINI

La Ville de Québec ne pourra cependant plus compter sur son jumelage avec Albany (capitale de l’État de New York) pour marquer des points aux États-Unis: « Le jumelage avec Albany est cliniquement mort. On a vérifié et ils n’ont plus d’intérêt », a fait savoir le maire à son auditoire.

Le maire L’Allier avait d’ailleurs tenté de jouer ses cartes avec Albany, durant l’année 2001, dans le contexte des activités de la Saison du Québec à New York. Il avait prévu de se rendre à Albany et même d’accueillir le maire d’Albany à Québec avant l’automne. On comprend maintenant pourquoi ses projets n’ont pas été réalisés.

Questionné à savoir s’il s’efforcera maintenant de remplacer Albany par une autre ville aux États-Unis, le maire L’Allier a mentionné le nom de Mobile, en racontant que cette ville d’Alabama, qui a des racines françaises par son fondateur, avait demandé la permission de couler un double d’une statue que possède Québec. Bref, un début de quelque chose. Mais il ne faut probablement pas sauter ici trop vite aux conclusions.

DES JUMELAGES MEURENT... D’AUTRES S’AMORCENT

Pendant son discours, le maire a justement exposé un critère fondamental en matière de relations bilatérales: « Le jumelage sert d’abord la ville avec laquelle on est jumelé, donc il faut chercher des jumelages qui peuvent nous rapporter quelque chose et ou, en échange, on peut leur rapporter quelque chose ».

Sur ce même souffle, les noms de deux villes d’Europe de l’Est ont été mentionnés. La ville nommée Iasi (Iashi, Iassy ou Jassy), en Roumanie, courtiserait Québec avec force et le maire L’Allier semble tenté par cette ville universitaire, également membre du cercle des villes du patrimoine mondial. Sans cette fois penser trop vite au rang de jumelage, les relations avec Saint-Pétersbourg, en Russie, s’annoncent aussi pour prendre du galon.

Mais le maire a aussi souligné qu’il n’allait pas faire ces nouveaux choix en solitaire. Surtout qu’en devenant une seule ville le 1er janvier 2002, les 12 villes qui formaient la Communauté urbaine de Québec lui amènent en dot un défi délicat de diplomatie. Provenant de 9 de ces 12 anciennes villes, divers liens officiels engagent actuellement la nouvelle ville de Québec avec 39 villes étrangères.

La pertinence d’en ajouter fait donc aussi face à la nécessité de gérer correctement les acquis. Le maire s’est d’ailleurs strictement contenté d’énumérer le détail de cet héritage. Bilan de l’inventaire:

  • 8 jumelages
  • 9 pactes d’amitié
  • 16 ententes de partenariat
  • 6 ententes non-officialisées

Témoignant tout de même d’un début de réflexion, il a aussi évalué que sur les 39 liens avec des villes étrangères, 21 étaient à un niveau d’échange « actif », alors que 18 étaient à un niveau d’échange « inactif ».

Invité, par ailleurs, à s’intéresser à des villes en Italie par les dirigeants de la Chambre de commerce italienne au Canada - Section de Québec lors de leur déjeuner-conférence d’octobre dernier, le maire L’Allier avait alors répondu: « Si elle a le profil de la nouvelle ville, je suis ouvert à un jumelage. » La communauté italienne de Québec rêve depuis longtemps de jumeler Québec avec une ville d’Italie.

Le contexte actuel de la nouvelle ville présage donc de beaucoup de changement en ce qui regarde les relations bilatérales que mène Québec à travers le monde. 

UN COMMISSARIAT GÉNÉRAL AUX RELATIONS INTERNATIONALES

L’élément marquant de son discours portait cependant sur sa proposition de mise en place d’une nouvelle structure pour l’administration des relations internationales dans la nouvelle ville. Jouant la main tendue, le maire Jean-Paul L’Allier s’est dit prêt à s’associer à d’autres acteurs de la région afin de constituer un Commissariat général aux relations internationales.

« Je vais proposer au Conseil de verser nos ressources dans un  Commissariat général aux relations internationales où d’autres acteurs seront invités à investir des ressources également », a-t-il lancé.

Ce commissariat ne serait pas un bras de la Ville de Québec. «Il serait l’équivalent de ce qu’est la SPEQM », précise-t-il. Donc un organisme autonome. La ville y transfèrerait les fonctionnaires de son actuel Bureau des relations internationales, à l’exception du service du protocole.

Selon le maire, cette structure pourrait avoir « des responsabilités propres en matière de documentation, de recherche, d’identification de ressources, d’information de ceux qui ont besoin d’aide et d’information sur notre capacité d’accueil ». Il y voit aussi les ressources qui vont aux jumelages, ainsi qu’à l’immigration.

« En plus, cette organisation devrait prévoir que l’on ait une mémoire internationale. Je ne connais pas une ville au Canada qui ait ce genre d’outil », précise-t-il. Il pense, ici, par exemple, à un fichier, une banque de nom des citoyens de Québec qui ont une expertise internationale et qui sont prêts à la partager.

Cette structure devrait également se préoccuper de la géographie locale en tenant compte de la réalité de la Rive-Sud et même de l’Est du Québec. Le maire L’Allier invitera d’ailleurs la Ville de Lévis à s’y joindre, mais ne l’attendra pas pour démarrer. Il veut qu’elle soit en place d’ici le mois de mai.

Le maire souhaite aussi convaincre plusieurs autres partenaires - il a nommé l’université, le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada, les chambres de commerce, la SPEQM - de faire la même chose « pour que cet outil soit le nôtre et qu’on le gère ensemble ».

Conséquemment, le maire est à la recherche d’un Commissaire général de haut calibre. Une personne de la même trempe que ceux qui sont des ambassadeurs au niveau d’un pays, image-t-il pour montrer à quoi il pense.

En concluant sur le ton de la fierté, le maire a partagé un de ses rêves: que ce lieu voué aux relations internationales, à côté de celui pour le développement économique, à côté de celui du Conseil des arts, d’ici 4-5-6 ans, logent sous un même toit, une seule adresse globalement associée au développement de la nouvelle grande ville. À ses yeux: « Le jour où on aura cette adresse unique, où on sera fiers de la force qu’on représente à 500 000 habitants, nous aurons franchi une très grande étape. »

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