Population, climat et gouvernance… pourquoi?

Population, climat et gouvernance. Voilà LA triple priorité, la tri-polarité que doit gérer l’humanité pour le siècle en cours. Une histoire de gouvernance mondiale…

La population : parce que les conséquences de son évolution vont prochainement se mettre à devenir manifestes et contraignantes. Nous sommes tout de même passés très rapidement de 1 à 2,5 et à 6 puis récemment à 7 milliards d’individus sur Terre; tout ça en un seul siècle. Ça laisse des traces. Elles seront de plus en plus visibles, voire très nuisibles!

Le climat : parce que pour un comme pour sept milliards, le réchauffement climatique que notre planète commence à supporter va radicalement modifier la façon d’y vivre pour tous et que des changements doivent opérer avec une vision à long terme et des actions progressives. Quelque chose comme un humain sur quatre devrait probablement déménager pour éviter les pieds dans l’eau. Des océans 50 cm plus élevés, c’est plusieurs villes entières à repenser, voire déplacées.

La gouvernance : parce que le défi de faire de la politique dans la perspective globale de la planète entière reste entier pour l’humanité, qui n’a perçu visuellement sa réelle dimension qu’en voyant la Terre de la Lune en 1969. Cette humanité, qui n’était historiquement qu’une enfilade de nations instables et mouvantes, en concurrence – et souvent en guerre – sans comprendre l’unicité de son territoire. L’heure d’une gouvernance mondiale, clairement planétaire, est arrivée et incontournable. Tout le reste en découlera.

En fait, le trio aurait dû se lire gouvernance-climat-population. Le premier étant le début de tout changement possible. Les deux premiers étant des incontournables, face au troisième qui, lui, pourra éventuellement se moduler et varier selon les marges dégagées.

Climat après gouvernance parce que c’est la prise en main de la gestion collective du vivre ensemble sur cette planète qui fera de la, maintenant inéluctable, augmentation du climat terrestre un défi ou une catastrophe sans pareil. Et pas l’inverse.

Gouvernance en tête à cause de son importance, climat ensuite à cause de ses conséquences!

UN CHANGEMENT DE PARADIGME

Elle était si grande la Terre, et les océans aussi! Aucun philosophe ou grand penseur politique du passé ne pouvait la regarder comme contraignante, autrement que par le défi de sa prise de contrôle, que sa conquête proposait. La pensée politique a longtemps pu ignorer ce fondement.

Marx n’imaginait certes pas la Terre se plaindre! Le capital des moyens de production, le capital financier et le capital humain étaient sa préoccupation. Sa grille d’analyse, tout comme pour Adam Smith, John Locke ou Ricardo. Il y avait pourtant un capital terrestre, environnemental, aussi… qui dormait.

Accumulé sur des millénaires, depuis 1980 il est en dette. Oui, c’est autour de cette date que l’humanité a débuté sa consommation de plus que ce que la planète peut lui fournir, et cela annuellement.

Le nouveau paradigme c’est que l’humanité vit en état de dette environnementale depuis un quart de siècle. Une dette qui, elle, s’accumule annuellement.

Les conséquences ne sont pas encore évidentes, mais c’est par exemple ainsi que l’humanité a pu passer si rapidement de 1 à 2,5 et à 6 puis récemment 7 milliards d’individus en un seul siècle. Elle a vidé le capital environnemental disponible.

Les ruptures de stocks vont bientôt se mettre à paraître, indéniablement.

Les charges polluantes aussi.

C’est déjà deux phénomènes que l’humanité de tout juste demain devra apprendre à gérer; oui apprendre, car elle n’a jamais dû le faire globalement.

Maintenant la contrainte de la limite devient un rouage de tout système, une roue supplémentaire à la mécanique du marché, pas si libre, dorénavant, qu’on le souhaiterait.

On les met où les déchets?

On les trouve où les ressources?

Celles-ci sont-elles dans celle-là? Certes en partie. À l’avenir. Les mines de demain seront alors urbaines… Et technologiques, car on ne vide pas un dépotoir à coup de pelle en aluminium et de sueur d’homme.

Alors de quelle sorte de politique faut-il s’attendre? Faut-il tout changer? Capitalisme, socialisme… On garde quoi?

LA POLITIQUE DE DEMAIN

Des formes d’éco-politiques tentent d’ajuster la théorie, autant que l’action, pour que la vie des humains sur Terre se fasse en meilleure harmonie et selon la réalité de ce que nous connaissons dorénavant. Il ne s’agit pas nécessairement d’approches révolutionnaires et totalement critiques envers les chemins du passé.

La moindre lucidité impose simplement de ne plus se cantonner dans les limites des modèles politiques d’hier. L’écosystème de la planète nous commande de dépasser le capitalisme, autant que le socialisme qui voulait le corriger, l’améliorer.

Le langage de la construction d’une civilisation écologique n’est certainement pas déplaisant à entendre. Il témoigne d’une reconnaissance de l’ampleur du défi que la survie de l’humanité commande.

Mais un nouveau langage marquera l’histoire que s’il devient le reflet d’un réel changement. D’actions concrètes pour un ajustement de la vie humaine face aux limites et au cadre de son milieu de survit. La dame Terre ne nous regardera pas inactifs impunément.

Aux actes citoyens!

Daniel Allard
Rédacteur en chef
Depuis 1997, Daniel Allard a fondé et dirige le cyberjournal Commerce Monde. Il a aussi co-fondé, en 2013, l'Association des sociétés québécoises cotées en Bourse, tout en organisant un Gala annuel des sociétés en Bourse (2008 à 2015). Pour 2018, il vous prépare www.LiNNOVarium.com ...

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