Premio Venezia 2005
La palme va à Turbocristal !
2005-11-29

Par Daniel Allard

(Photo: Bob Lachance, PDG de Planchers Ancestral gagnant du Premio Venezia l'an dernier, Louis L. Roquet, PDG de Desjardins Capital de risque, Charles Lavoie, PDG de Turbocristal et Raymond Bélanger, président du chapitre de Québec de la Chambre de commerce italienne au Canada.)

Bonne nouvelle pour la seule entreprise canadienne de fabrication et d’installation de systèmes d’enneigement, qui célèbre cette année son 20ième anniversaire, puisqu’elle remporte la palme du Prix d’excellence en affaires Québec/Italie, le Premio Venezia, que décerne le chapitre de Québec de la Chambre de commerce italienne au Canada. À l’occasion d’un gala gastronomique sous la présidence d’honneur de Louis L. Roquet, le PDG de Turbocristal a reçu le Premio Venezia 2005, au Palace Royal de Québec, le 19 novembre. Il est d’ailleurs pertinent de mentionner que M. Roquet, actuel PDG de Desjardins Capital de risque, est  marié à une romaine.

Pour Charles Lavoie, PDG depuis avril 2002 de Turbocristal, l’occasion était belle d’expliquer que c’est parce qu’il développe son entreprise avec des partenaires d’Italie qu’il peut fièrement dire aujourd’hui que son produit a été sélectionné par le comité organisateur des Jeux olympiques de Turin pour l'enneigement des pistes skiables et des pistes de snowboard des Jeux d'hiver de 2006 !

Turbocristal se spécialise dans la conception, la fabrication et la mise en marché des systèmes d'enneigement depuis sa fondation en 1985. Ce qui n’est pas banal, puisqu’ils ne sont pas plus d'une dizaine d'entreprises à travers le monde à se partager la grosse part du marché des canons à neige. Pour la compagnie québécoise, c’est par exemple dans plus de 500 stations de ski des pays de l’hémisphère nord, que plus de 3 000 enneigeurs ventilateurs à buse centrale, une technologie brevetée par Turbocristal et encore inégalée à ce jour, peuvent tourner à plein régime pour produire des quantités de neige phénoménales. « La fabrication de neige est en quelque sorte devenue un incontournable dans l’industrie des sports de glisse », explique Charles Lavoie.

Mais cette industrie évolue dans un environnement aux multiples défis. D’abord, il s’agit d’une industrie saisonnière dépendante de la bonne santé financière des stations de ski, qui elle-même est grandement affectée par l’influence de la clientèle, qui est elle-même fonction de la température et des conditions de neige sur les pistes et d’une multitudes d’autres facteurs reliées à l’offre et aux efforts de marketing de chaque station ! Il y a aussi l’obligation de constamment innover au plan technologique, afin d’offrir des solutions performantes (en particulier en ce qui a trait au ratio production de neige vs la consommation énergétique), fiables, peu coûteuses et adaptables aux contextes particuliers de chaque station. Enfin, il y a le positionnement stratégique qui doit permettre d’atteindre les marchés cibles et l’augmentation constante des parts de marché sur de vastes territoires.

Moins de 10 entreprises
couvrent près de 90% d’un marché mondial annuel
de plus de 750 millions $

L’Europe et l’Amérique du Nord représentent plus de 80% du marché actuel. Mais il y a aussi la Russie, la Chine et l’Inde qui se sont mis aux sports de glisse et qui présentent un potentiel énorme pour les années à venir. Voilà pourquoi on retrouve moins de dix entreprises couvrant près de 90% d’un marché mondial annuel de plus de 750 millions $.

« C’est au tournant du nouveau millénaire que Turbocristal a réalisé l’importance de ce constat. Petite PME québécoise qui a fait sa renommée uniquement sur la performance de son produit vedette, il a fallu revoir les processus d’affaires, cibler les priorités et rapidement déployer les moyens appropriés pour mettre en place une stratégie de repositionnement », raconte son actuel PDG.

« Le partenariat stratégique avec une entreprise qui partagerait notre vision tout en complétant notre offre technologique et notre présence sur les marchés cibles est rapidement apparu comme le moyen le plus efficace et le moins coûteux pour atteindre notre objectif », poursuit-il.

C’était au moment où Snowstar, une jeune société d’enneigement italienne issue de la fusion de la division neige du Groupe Leitner avec plusieurs petites sociétés italiennes et françaises dirigées par Sergio Lima, recherchait un partenaire pour compléter sa gamme d’enneigeurs et son expertise en vue d’offrir des solutions d’enneigement avec automatisme intégral. Les discussions aboutirent donc rapidement à un premier accord de licence, qui donna lieu à un succès immédiat sur plusieurs éléments du plan de positionnement stratégique de Turbocristal : augmentation des ventes, meilleure visibilité, transfert d’expertise, amélioration de la productivité, achat de groupe à meilleurs prix.

Ce partenariat avec la compagnie italienne Snowstar existe depuis mars 2002. Mais pourquoi ne pas avoir ciblé les premiers au monde, qui sont aussi européens, soient la compagnie française YORK Neige, une filiale de YORK International (qui opère aussi en Amérique du Nord sous le nom de YORK Snow) relativement ex-aequo avec TechnoAlpin srl (une compagnie italienne installée à Bolzano), ou encore un joueur de ce côté-ci de l'Atlantique, où Turbocristal offre les canons à neige les plus performant au monde en concurrence directe avec SMI (Snow Machines Inc., fondée en 1974 au Michigan), une compagnie des États-Unis ?

« Effectivement, Snowstar est une jeune compagnie que je situe au troisième/quatrième rang mondial, créée il y a à peine quatre ans par le géant italien Leitner, mais ils sont ceux qui sont le plus complémentaire à nos produits ; leurs canons à neige sont particulièrement efficaces dans les cas où les températures sont près de 0 degrés », explique Charles Lavoie.

« Il s'agit d'un accord de distribution et licence sur nos marchés respectif. Nous les représentons pour toute l'Amérique du Nord, ils font de même en Europe, ainsi qu'en Europe de l'Est, Russie inclue. »

« (…) Grâce à notre partenariat avec la compagnie italienne, nous avons augmentés de 25% notre chiffre d'affaires en Europe, en plus d'augmenter nos ventes ici en obtenant les contrats d'installation des équipements de Snowstar vendus en Amérique », conclu-t-il sur le bilan de ce partenariat.

Conjointement avec Snowstar, il peut aussi déjà aligner d’autres beaux succès d’affaires : installation du système d’enneigement de Santa Catharina pour le Championnat du monde féminin 2005 et les Jeux Olympiques de Turin qui auront lieu en 2006 (Snowstar a remporté l’appel d’offre, mais se sont les canons à neige de Turbocristal qui seront installés); développement d’un nouvel enneigeur ultra léger en aluminium pour le transport en hélicoptère permettant ainsi la régénération des glaciers en haute altitude de la station de Pitztal en Autriche ; implantation au Massif de Petite-Rivière-Saint-François du système d’enneigement le plus performant au plan énergétique en Amérique du Nord.

EN ROUTE VERS LA DIVERSIFICATION
Changements climatiques obligent, il demeure pertinent de se demander si la diversification est possible dans le monde des canons à neige ? « Oui », répond rapidement le PDG de Turbocristal comme s’il attendait la question ! « C'est en ce sens que nous avons fait l'acquisition d'une compagnie de mécanique industrielle, Pino Consultants, de Québec, qui depuis un an est devenue une filiale à 100% de Turbocristal. Par ailleurs, nous vendons maintenant nos équipements à Alcan pour rabattre les écrans de vapeur qui se créent dans leurs entrepôts de bauxite. Nos équipements servent aussi pour le contrôle d'émission de poussières provenant des monticules de coke vert de la même compagnie, en y soufflant 30 centimètres de neige afin d'éliminer cette forme de pollution. Nous sommes également capables d'agir pour la protection contre le gel des semis de pépinière. On peut encore faire de même pour protéger des infrastructures civiles récemment construites… En fait, beaucoup de nos efforts de R&D sont dans ce sens », expose fièrement M. Lavoie.

Bref, il n’y a pas que le ski et les autres sports de glisse qui profitent de l’invention du canon à neige. En vérité, il est surprenant de voir le nombre de vocations déjà mises en application pour composer avec les aléas climatiques de Dame Nature.

VAINQUEUR DEVANT NATART JUVÉNILE ET MASCHIO GASPARDO
Turbocristal n’est évidemment pas la seule compagnie québécoise à développer des partenariats fructueux avec des compagnies d’Italie. Et cette année, la compagnie de Boischatel était en compétition avec Natart Juvénile de Princeville et la compagnie Maschio Gaspardo Canada inc. de Drummondville.

Pour sa quatrième édition, le prix innovait avec l'objectif de rendre aussi hommage aux organismes régionaux de promotion économique. Outre la « catégorie entreprise » s'ajoutait donc une « catégorie promotion des échanges » s'adressant aux organismes régionaux de développement économique et de promotion des exportations, a expliqué Raymond Bélanger, le président sortant du chapitre de Québec de la Chambre de commerce italienne au Canada.

La SDE de Trois-Rivières
remporte le volet
« catégorie promotion des échanges »

C’est à la Société de développement économique de Trois-Rivières que revient l’honneur de recevoir la première édition de ce volet du Premio Venezia. Une forte délégation de cette ville du centre du Québec, avec le maire de Trois–Rivières en tête, M. Lévesque, était d’ailleurs présente lors du gala. Il est particulièrement intéressant d'apprendre que l’initiative ici honorée a d'abord démarré après que deux citoyens italiens d'origines habitants maintenant à Trois-Rivières aillent proposé au maire de la ville de s'intéresser à l'Italie. Quatre mois plus tard, ce dernier présidait une mission économique en Italie permettant de conclure une entente de coopération économique et culturelle entre Trois-Rivières et la ville italienne de Viadana. C’était en 2003. Depuis, pas moins de 18 entreprises de la Mauricie sont représentées dans la vitrine permanente de Viadana, en Lombardie. Et grâce à cette entente, la SDE héberge aussi, dans une salle d'exposition permanente, des produits de 13 entreprises commerciales et industrielles italiennes membres du Consorzio Export Oglio-Po et du Consorzio Imprese Progress & Competition, nous a expliqué Darlene Brown, la commissaire, Prospection et accueil des investisseurs, à la SDE de Trois-Rivières aussi sur place.

Moment le plus triste de ce savoureux gala, Raymond Bélanger a par ailleurs confirmé qu’il quittera la présidence de la chambre de commerce après six ans de loyaux services. Mais non sans avoir organisé le prochain tournoi de golf, en mai prochain. L’actuelle vice-présidente prendra ensuite la relève pendant l’été 2006, assurant la continuité.

Un message est aussi passé dans des oreilles attentives, alors que le député adjoint du ministre responsable du développement économique au gouvernement du Québec était parmi les participants du gala. Prenant brièvement la parole, il a même assuré l’auditoire qu’il ferait part à son ministre de la situation : il est décevant de constater que la représentation officielle du Québec à Milan est exercée par une employée de la Chambre de commerce italienne à temps partielle. Le Québec sous-exploite donc largement cette fonction stratégique au cœur d’une des plus importantes économies du monde.

Et c’est d’ailleurs vers ce continent que Bob Lachance, le PDG de la compagnie gagnante du Premio Venezia de l'an dernier, Planchers Ancestral, rencontré sur place, a expliqué qu'il devance ses plans d'expansion : « J'avais prévu ouvrir vers l'Europe en 2007 et me consacrer sur les États-Unis avant. Maintenant, je vise l'Europe dès 2006 et je mets le développement aux États-Unis à off », a expliqué un homme d’affaires préoccupé par ce qu’il voit au pays de George Bush. « Pour la première fois j'ai peur des USA », a-t-il même précisé, cinglant !

www.turbocristal.com
www.chambre-italienne.qc.ca
www.sdetr.com

Fait à Québec le 28 novembre 2005.


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