DOSSIER CHINE (5 de 6)
Dix ans d'efforts: l'INO récolte sa mise!
2012-05-28

Par Daniel Allard

« Nous, nous ouvrons les portes et on espère que nos gens d'affaires en profitent. » Le grand gaillard avec qui nous revenons sur sa dernière mission chinoise faite au nom de l'INO donne plutôt, à lui seul, l'assurance qu'aucune porte de l'univers ne peut résister à un homme de sa stature. Pierre Galarneau sait pourtant que la Chine demeure encore un marché aussi difficile que nécessaire pour les entreprises canadiennes du secteur de l'optique et de la photonique : « La Chine signifie encore produit à bas coûts, c'est clair! Et ce que nous voulions faire, c'est de travailler avec eux et bâtir une liste de partenaires pré-qualifiés parce que nos compagnies en optique, au Canada, sont relativement petites. Et si nous sommes capables de diminuer le risque, c'est un bon service à leur rendre. »

En nous expliquant, dans son bureau du Parc technologique du Québec métropolitain, les suites de la Mission Chine 2011 du Réseau Photonique du Québec (RPQ) - qui couvrait Beijing, Shanghai et Wuhan - à laquelle il participait, il avoue modestement que cette stratégie suit son cours et que lors de cette mission, le v-p et chef de la technologie qu'il est a continué de cultiver et d'élargir ses relations chinoises: « Wuhan est effectivement notre porte d'entrée en Chine, mais on est en train de s'étendre. »

Lentement et conformément à la culture des affaires en Chine, moult efforts s'imposent avant de récolter sa mise! À travers l'horaire plus que chargé, dans son cas, du séjour pour POEM 2011 (4th International Photonics and OptoElectronics Meetings), Pierre Galarneau avait donc pris soin de s'ajouter quelques visites hors de Wuhan, même si ses charges de membre du Comité-conseil international, de co-président d'une des conférences - OSI : Optoelectronic Sensing and Imaging - et à qui on avait aussi demandé de présider (donc d'organiser!) un Workshop on Technology Transfer Models dans la programmation de ce symposium international avaient tout pour monopoliser entièrement son énergie.

En 2010, Pierre Galarneau et Michel Têtu, le directeur du RPQ, étaient aussi tous les deux venus à POEM. Mais l'homme de l'INO pouvait y introduire avec poids son collègue, car l'Institut national d'optique du Canada fait son chemin dans cette « Optics Valley of China » qu'est Wuhan depuis plus de dix ans (lire : http://www.commercemonde.com/023/rubriques/r3.html ). Une entente de partenariat lie d'ailleurs l'INO avec la Wuhan National Lab for OptoElectronics (WNLO). Ce qui permis à M. Galarneau d'y revenir en force : « Ma présence à POEM 2011 représentait la deuxième partie de notre engagement. En tant que co-chair d'un des cycles de conférences, j'ai pu inviter des chefs d'entreprises du Québec à y prononcer des communications et leur donner une occasion exceptionnelle de rayonnement », souligne-t-il, en pensant très certainement à Genia Photonics et Photon etc. Plusieurs noms de conférenciers étaient effectivement suivis d'un CANADA, au programme : nos deux chefs d'entreprises François Gonthier et Sébastien Blais-Ouellet, en plus des François Châteauneuf, Robert Corriveau, Hubert Jerominek, Hans-Peter Loock et Xun Li. Grâce à la même entente de partenariat, Sihai Chen, à titre de professeure invitée, est présente à Québec en permanence avec les équipes de l'INO depuis 2 ans.

L'ENJEU DU TRANSFERT TECHNOLOGIQUE
La partie la plus imprévisible du séjour de Pierre Galarneau à Wuhan concernait cependant la tenue d'un atelier remplissant tout un après-midi sur les transferts technologiques, que ses partenaires chinois lui avait demandé d'organiser. Plus de dix ans, maintenant, après l'entrée de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), car c'était en 2001, et des investissements publics colossaux en R&D avec la création d'entreprises fortement appuyées sur des incubateurs universitaires ou gouvernementaux, les autorités chinoises s'attardent de plus en plus au grand défi que constitue encore pour eux le transfert technologique. Et il n'était certes pas anodin de constater qu'à travers toute l'effervescence événementielle d'un rendez-vous du genre, une des salles du gigantesque Wuhan Science & Technology Convention & Exhibition Center avait ceci : The 9th « Wuhan Optics valley of China » Intellectual Property Protection International Forum, qui apparaissait aux horaires du jour quatre de ce mois de novembre de 2011.

Pour ledit Workshop on Technology Transfer Models, le Français Benoit Appert-Collin, un autre Canadien Robert Corriveau, l'Allemand Stephan Roth, le Japonais Satoshi Wada, en plus de lui à titre de co-organisateur, purent donc présenter leur modèle respectif en la matière, avant de voir les Chinois faire une démonstration de leurs moyens et - surtout - de leurs ambitions! La présentation vidéo qu'ils ont alors offerte sur grand écran ne laissant aucun doute sur la volonté de Wuhan d'assumer son titre de « Optics Valley of China » et de viser tête haute le rang d'Optics Valley of the World (voir l'article 2 de ce Dossier).

Il en fut autrement quant à la trentaine de gens d'affaires chinois qui devaient participer à l'atelier : pas un seul n'est venu prendre siège pour écouter les présentations de toute la demie-journée. Et un seul homme d'affaires chinois aura expliqué, comme intervenant en fin de séance, une vision plus mixte qu'asiatique; l'homme s'étant présenté comme un rapatrié en Chine, après des longs séjours au sein d'entreprises des États-Unis et de CorActive, un firme de Québec.

Bon prince, Pierre Galarneau accepte que l'on n'y fasse pas les choses comme en Amérique et se félicite d'avoir au moins signé une entente de collaboration avec l'organisation allemande qu'il avait invité pour son atelier et qu'il a pu davantage apprécier. Il est rentré à Québec avec le Bayeriches Laser Zentrum (BLZ) de Erlangen parmi ses alliés. Un plus qu'il n'avait pas planifié au départ.

BREVET VERSUS SAVOIR-FAIRE
L'INO a donc sa manière bien à elle de se développer et de rayonner à l'international. Et à propos d'un sujet chaud comme celui des brevets, alors que les multinationales telles que Google ou Microsoft se livrent, ces années-ci, une guerre à coup de milliards de $ pour acquérir ou protéger des porte-feuilles complexes de licences et de brevets, le point de vue qu'il apporte est intéressant: « Les brevets c'est une chose, le savoir-faire s'en est une autre et c'est parfois aussi important . Je vais vous donner l'exemple des bolomètres, dont tous les brevets appartiennent à Honeywell, mais c'est à l'INO qu'ils réfèrent leurs clients qui achètent une licence, car le savoir-faire il est ici (...) Ceci nous a fait réaliser que c'est le savoir-faire qui importe le plus. Un brevet sans le savoir-faire... Si les acquéreurs ne savent pas comment l'appliquer, ça vaut quoi ? », nous expose-t-il, fort de son expérience de plusieurs années au service des équipes de chercheurs de l'institut.

Oeuvrant au sein de l'INO depuis 1989, Pierre Galarneau est lui même un chercheur de renom avec à son actif pas moins de 75 publications, 90 conférences dans des congrès spécialisés et 10 brevets accordés ou en instance d'approbation.

Ceci dit, l'un ne vas pas sans l'autre et il est vite le premier à se réjouir des résultats des institutions de recherche de la région de Québec en la matière: « Sur les 29 brevets que l'Université Laval est très fier d'avoir obtenus en 2011, six provenaient du COPL », tiendra-t-il à nous faire remarquer, en confirmant que pour lui, les trois grandes écoles en Amérique du Nord pour la photonique sont toujours Rochester (NY), Tucson (Arizona) et le Centre d'Optique Photonique et Laser (COPL) de l'Université Laval.

Après Ottawa en 2011, c'est encore l'Est du Canada qui donne rendez-vous au monde de la photonique pour l'édition du 6 au 8 juin 2012 de Photonics North, qui se tiendra au Hilton Bonaventure de Montréal. Pierre Galarneau ira-t-il ? « Je vais tout faire pour y être! C'est un événement très important ».

(Remerciement au Ministère des Relations internationales du Québec pour son appui financier à la publication de notre DOSSIER CHINE.)

Fait à Québec le 28 mai 2012.

 

Lisez la suite de notre DOSSIER CHINE (6 de 6):

http://www.commercemonde.com/commercemonde.php?niveau=2&id=455


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